Neutralité des médias et débat sur no Billag

Bonjour à tous,
Avec le débat sur No Billag, le thème de la neutralité des médias est revenu de manière récurrente. Les résultats de la votation auront montré que pour beaucoup de gens, un pays ou le peuple vote si souvent se doit de disposer d’un média public avec un cadre réglementaire clair, et un devoir d’objectivité et d’équité du temps de parole. Comme le relève justement le peuple Suisse dans sa majorité, tout partis confondus, le droit de vote n’est pas suffisant pour qu’on parle de démocratie. Inutile de dire que j’abonde dans leur sens: la démocratie éclairée est bâtie non seulement sur un peuple qui vote, mais surtout sur un peuple qui vote en connaissance de cause et en ayant les outils de réflexion nécessaire. Ces outils sont bien évidemment l’éducation, à travers l’école et les parents, mais également à travers des médias de qualité.

En la matière, une excellente citation de Alexis de Tocqueville, un royaliste, résumera la chose.

Il ne fait nul doute que si Billag était supprimé et que la RTS était amené à disparaitre ou à basculer sur un financement par la publicité, le résultat serait le même: une perte de neutralité. En effet, tout le monde le sait dans le milieu de la publicité surtout et en général aussi: on ne fâche pas ses clients. Comment une entreprise qui base son business model sur les revenus de la publicité pourrait-elle se tirer une balle dans le pied en faisant des articles déplaisants pour ses clients ? Vous ne pensez pas que ce soit possible ? Très bien, vous vous souvenez des Paradises Papers ? Dans cette affaire, mécontent d’apprendre qu’un journal dans lequel il achète des espaces publicitaire publie ses déboires d’évadé fiscal, Bernard Arnault coupe les vivres au journal Le Monde pour les punir de leurs révélations. Le lien de subordination est direct ici, pas besoin d’avoir fait HEC pour le voir. Je vous laisse le lien pour que vous vous constatiez par vous même : Paradise Papers : Bernard Arnault prive « Le Monde » des publicités LVMH

La situation est telle, en France, que 9 milliardaires du même genre que Bernard Arnault se partagent l’entierté du paysage médiatique, comme le montre parfaitement cette infographie du monde diplo.

Carte des propriétaires des marques et médias en France

Facile d’imaginer qu’en Suisse, ou le marché des médias est encore plus petit et encore plus facilement contrôlable, une situation identique avec encore plus de concentration aurait émergé.

Pour aller plus loin sur la question du rôle d’influence des médias, je vous invite à visionner cet excellent film, les nouveaux chiens de garde. Vous ne le regretterez pas.

Mais, tu penses vraiment que dans la situation actuelle, les journalistes sont parfaitement neutres et objectifs ?

La réponse est non, bien entendu. Personne n’est totalement neutre, on peut essayer de l’être, mais il y a quand même une différence notable entre ne pas être neutre parce que ton expérience et ton environnement t’amènes à avoir un certain avis, et ne pas être neutre parce que Blocher c’est ton patron et que tu va te faire virer sur tu ponds un article polémique … Et franchement, sacrifier nos médias publics et les garanties qu’ils présentent sous prétexte d’une neutralité pas parfaite pour se retrouver dans une situation sans la moindre neutralité assumée c’est totalement contre-productif et kafkaïen.

Temps présent et les frontaliers

Bonjour à tous,
Un reportage intéressant sur le phénomène des frontaliers en Suisse et les distorsions que ce statut implique sur les différents marchés impactés. Ne vous inquiétez pas, le reportage tente l’objectivité pour ce sujet sensible, ce n’est pas un docu à charge contre les frontaliers.

Bon visionnage

https://www.rts.ch/play/tv/temps-present/video/frontalier-un-metier-davenir?id=7307561&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da

Le miracle Suisse

Bonjour à tous,

reportage intéressant de nos amis français sur le « miracle Suisse ». Le reportage relève bien les qualités du système Suisse mais reste assez angélique, n’attendez pas de critique constructive du système dans ce document. On relève par exemple la problématique typique Suisse avec ses ouvriers qualifiés bien payés et bien formés mais dirigés par … un cadre chinois. C’est bien représentatif de notre système trop élitiste qui ne forme pas suffisamment de cadres pour répondre aux besoins du marché.

 

Bon visionnage

Les intellos de Youtube

Bonjour à tous,

Vos enfants sont scotchés devant youtube et leur smartphone de manière générale ? Proposez leur plutôt ces chaines historiques, scientifique ou politique qui aiguiseront leur esprit de curiosité.

Bien sûr j’attends vos propositions en commentaire pour compléter la liste.

Mais qui plombe l’assurance maladie ?

Avec la hausse perpétuelle des primes maladies, à raison de 5% par an en moyenne, on observe multitude de points de vue et pronostics sur les coupables potentiels. Mais y’en a-il vraiment ?

Avant d’accuser assureurs et professionnels de la santé, certainement responsables d’une partie de la hausse, peut-être faudrait-il voir du coté des problèmes structurels. La population vieilli, et ce n’est pas nouveau. Nous vivons plus longtemps, et en meilleur santé certes, mais cela ne va pas sans soins. Avec l’arrivée à l’âge de la retraite des baby boomers, les frais augmentent et continueront d’augmenter. On sait par exemple, selon les chiffres de 2003 du rapport sur l’assurance maladie, qu’une personne de plus de 60 ans coute en moyenne plus de 900.- / mois. En comparaison, une jeune jusqu’a 30 ans n’en coute que 90. Le système de solidarité veut que les gens en bonne santé soient solidaires des gens en mauvaise santé. Or, les gens en bonne santé sont souvent jeunes, les gens en mauvaise santé souvent âgés. Il convient également de rappeler que la tranche de la population la plus riche en Suisse en terme de patrimoine est bien la tranche 60+. Dès lors, force est de constater qu’en Suisse notre système de santé s’appuie quasi intégralement sur une solidarité des pauvres vers les riches. Les jeunes, tranche de la population la plus pauvre statistiquement, payent les soins de santé des personnes âgées, statistiquement les personnes les plus riches du pays.

Cette problématique est due au système de financement « prime par tête ». Chacun paie sensiblement la même chose, alors que rappelons le, si chacun payait selon les soins consommés par sa tranche d’âge, les jeunes paieraient environ 90.- et les 60+ environ 900.- / mois.

Attention, il ne s’agit nullement d’accabler les personnes âgées, malades, bien malgré elles. Il s’agit de rééquilibrer un système défaillant qui fait que des pauvres entretiennent des plus riches qu’eux. Une absurdité. Dès lors, on va chercher l’argent chez ceux qui en ont, tout simplement.

La question du financement se pose alors. Comment faire pour que chacun contribue à hauteur de ses moyens ? La réponse est simple, les primes doivent être intégrés dans l’impôt sur le revenu. Ainsi, les personnes âgées plus riches et également principaux consommateurs de soins paieraient leur part, tandis que les jeunes, déjà étranglés par des loyers astronomiques, pourraient payer moins.

L’assurance maladie, le peuple en otage

Toujours dans le contexte d’une hausse perpétuelle des primes d’assurance maladie, nous allons aujourd’hui traiter les problèmes qui apparaissent autour de l’obligation d’assurer.

La couverture maladie pour tous est bien entendu un acquis capital de notre société. Mais quand l’obligation d’assurer est réalisée par des entreprises privées, à savoir les assureurs maladie, des distorsions apparaissent.

Pour commencer, partons d’un système privé-privé, ou des assureurs privés et des prestataires de soins privés évoluent dans le marché avec des clients non captifs, vous et moi donc. Dans cette situation ou les clients ne sont pas obligés de s’assurer, les assureurs, pour augmenter leur chiffre d’affaire, se voient contraints de réduire leurs coûts en négociant avec les prestataires de soins. L’assureur qui réduit les coûts au mieux obtient plus de clients, car les clients comparent leurs primes (je vous invite à aller sur comparis.ch si ce n’est pas le cas !), et choisissent le moins cher, à niveau de prestation égal. Ainsi, le système fait que les assureurs, pour se développer, doivent réduire les coûts, tandis que les hôpitaux et médecins, pour se développer, doivent augmenter leurs recettes. Ces deux objectifs sont opposés, l’un ne peut se réaliser sans que l’autre ne soit en échec. Dans pareil système, qui ressemblerait à notre système actuel – l’obligation de souscrire en moins – , les coûts sont maitrisés par cette lutte perpétuelle entre les trois protagonistes. Pensez au jeu de la corde ou chacun tirerait de son coté. Au centre, on aurait les coûts de la santé, qui se traduisent par un niveau de primes, à gauche, les assureurs, et à droite,  les prestataires de soins.

A la lumière de cette situation fictive, traitons le cas pratique. En Suisse, l’obligation d’assurer existe, et elle force chacun à s’assurer en souscrivant une assurance maladie. Ce léger changement viens rompre l’équilibre des forces expliqué plus haut. En effet, dans notre cas, les assureurs maladie n’ont aucun intérêt à réduire le montant des primes pour attirer plus de clients puisque peu importe le niveau des primes, les gens devront s’assurer. Pire, ils ont vocation à voir augmenter les primes puisque cela augmente par la même leur chiffre d’affaire. D’ailleurs, chaque fois que le débat sur l’assurance maladie est relancé, les assureurs nous parlent de leur frais de gestion qui n’ont pas augmenté, en proportion, restant toujours autour des 5%. Oui, mais vous en conviendrez, 5% d’1 milliard, ce n’est pas la même chose que 5% de 10 milliards. Dès lors, en reprenant notre image précédente de jeu à la corde, les deux protagonistes se retrouvent à tirer du même coté de la corde. Chacun a intérêt à augmenter son chiffre d’affaire en faisant grimper les primes, à la fois les assureurs qui voient leur chiffre d’affaire augmenter de manière organique, mais également, évidemment, les médecins et professionnels de la santé.

Concernant le troisième protagoniste, le consommateur de soin, il est à la fois dans une situation ou il n’est pas en mesure de juger l’utilité d’un soin, comment pourrais-je savoir, à moins d’être médecin, qu’un IRM dans mon cas n’est absolument pas utile ? Et à la fois empreint d’un sentiment commun, celui d’avoir le droit à des prestations puisqu’il paie « autant ». L’effet forfait entraine le consommateur à se dire « J’ai payer pour des soins, j’ai enfin atteint ma franchise, j’ai bien le droit d’être soigné à la hauteur de mes dépenses ». On voit donc que le 3ième protagoniste, lui aussi, inconsciemment ou pas, et volontairement ou pas, tire du même coté de la corde que les 2 autres.

Nous avons ici traité des problèmes structurels de notre assurance maladie, c’est à dire de problèmes qui existeraient quand bien même nous vivrions dans un monde parfait ou il n’y aurait aucun autres abus en aucun genre. Dans les faits, de nombreux autres problèmes existent, citons notamment certains cas de médecins qui facturent pour plus de 24h de soins en une seule journée, ou le cas des hôpitaux qui préconisent des soins non nécessaire pour rentabiliser des machines qui présentent des investissements couteux. Certains diront que le problème viens des assureurs maladie. Bien sûr ces raisons doivent représenter une part du problème, mais la situation est telle, nous l’avons vu plus haut, que quoi que l’on fasse le système en l’état incite à l’augmentation des coûts de la santé.

Bienvenue !

Bonjour à tous !
Je me lance enfin dans ce projet qui me tient à cœur depuis des années, mon propre blog politique. Je compte l’étoffer au fur et à mesure, n’ayant pour l’instant par énormément de temps libre. Néanmoins j’essaierai d’être actif autant que possible, notamment sur les questions d’actualité, quitte à faire des petits articles, courts mais (on espère) percutants. Je vous invite à aller lire la présentation histoire que vous sachiez à quoi vous en tenir !